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lundi 08 juin 2020 - Dernière minute

Rencontre avec Aurélien Véron, candidat LR à Paris Centre, à propos du tourisme parisien.

Rencontre avec Aurélien Véron, candidat LR à Paris Centre, à propos du tourisme parisien.

PARISMARAIS.COM a questionné les personnalités politiques locales de Paris Centre et leur à posé un catalogue de questions émises par différents professionnels du tourisme. Aurélien Véron, candidat Libéral rallié à la liste de Rachida Dati, a été le premier à nous répondre.

1 / Questions sur la crise covid : Les dispositifs d’aide gouvernementale n’ont pas beaucoup aidé les acteurs touristiques, sauf les géants comme Air France. Que prévoyez-vous pour aider à tenir le coup  toute l’année 2020 pour les pme touristiques, auto-entrepreneurs , guides, medias locaux, ceux qui ont tout perdu par l’ absence de touristes… La ville de Berlin a débloqué dès le mois de mars une aide d’urgence de 5000 euros pour  100 000 indépendants. Etes vous prêts à en faire autant ? Pour les restaurateurs très mécontents du harcèlement administratif, va t’on être plus « cool » sur les droits de terrasse et autorisations de tranches horaires ?

Paris doit redevenir le plus rapidement possible une destination de choix pour un tourisme exigeant. Nous ferons de Paris une ville propre au mobilier urbain très régulièrement désinfecté. Nous restaurerons la sécurité pour changer l’image de notre capitale dans le monde. Enfin, Nous autoriserons à nouveau les véhicules individuels et les VTC sur l’axe majeur de la rue de Rivoli. Nous reviendrons sur le choix idéologique de la mairie sortante d’interdire progressivement la voiture à Paris. Ni tout-vélo, ni tout-voiture, nous privilégierons l’apaisement à l’opposition des modes de déplacement. Pour sortir du chaos actuel de la mobilité, nous appliquerons un plan cohérent de développement du vélo (grands axes, parkings sécurisés) comme mode de déplacement respectueux des piétons et compatible avec la voiture.

Rachida Dati s’est engagée à compléter les aides d’Etat avec l’exonération de la taxe de séjour pour le secteur hôtelier, des droits de voirie et de redevance des déchets non ménagers dés la reprise de l’activité jusqu’à la fin de 2020. Nous accorderons bien plus de souplesse sur les jours et horaires d’ouverture des commerces en étendant à l’ensemble de Paris le statut de ZTI. Nous nous accorderons au niveau de la mairie sur les extensions de terrasse en évitant de fermer des axes sensibles de circulation et de manière responsable les nuisances qui pourraient découler d’ouvertures bruyantes et tardives. Les riverains ont le droit d’avoir des nuits tranquilles. Pour les aménagements de terrasses, nous prônerons la flexibilité, pas la permissivité.

Rachida Dati a annoncé un vrai budget de crise. Les établissements et commerces culturels (librairies, galeries, théâtres..) bénéficieront d’un fond municipal pour pertes d’exploitation. Une garantie d’emprunt de la Ville pour des prêts de trésorerie pour les commerçants et artisans complètera le dispositif du gouvernement.


2 / Paris centre va regrouper 4 arrondissements hyper touristiques. Le tourisme c’est 12% des emplois parisiens , beaucoup plus à Paris Centre et dans le Marais en particulier. Comptez-vous accorder à ce secteur un ou plusieurs postes à des experts reconnus  pour gérer au mieux cette énorme machine regroupant autant d’institutions, d’ hôtels et de petits métiers… ( Jusqu’ alors les adjoints au tourisme - quand il y en avait - à paris 1 2 3 4 étaient assez peu pointus en ce domaine car non professionnels du tourisme)

Paris Centre accueille la plus forte densité à Paris de bars et restaurants et, plus largement, de commerces. Le tourisme y tient une place particulièrement importante avec sa richesse culturelle incomparable et sa diversité commerciale, même si cette dernière est aujourd’hui menacée.

La mairie s’appuiera naturellement sur l’expertise des représentants locaux des activités hôtelières, de restauration et de commerces de destination afin de renforcer l’attractivité de nos 4 arrondissements réunis sans sacrifier la qualité de vie des riverains sur l’autel d’un tourisme de masse dont les nuisances sont parfois à l’opposé à leurs attentes.


3 / Voici 3 ans la Mairie de Paris a supprimé 3 points d’accueil sur 5 et licencié 9 agents d’accueil à l’ OTCP, ce qui a généré beaucoup de mécontentement. N’ est-il pas temps d’ouvrir ou de rouvrir des corners touristiques ou points info dans différents endroits stratégiques : gares, places, rues, quais de Seine ? Redonner de la place  aux êtres vivants et cesser de financer des starts-ups et une multitudes se sites et applis qui ont pour but de remplacer des emplois humains ?

Nous comptons réorganiser l’ensemble des services de la mairie de Paris en vue d’instaurer un management motivant, fondé sur l’implication des agents de la Ville autour d’une stratégie claire, fondée sur une vision et des objectifs qualitatifs. Dans ce cadre, nous automatiserons les tâches les plus élémentaires destinées à un public de masse afin de consacrer nos ressources limitées à des guichets apportant une plus haute valeur ajoutée aux activités touristiques de la capitale, en particulier aux carrefours stratégiques des flux touristiques avec des agents polyglottes.


4/ La taxe de séjour rapporte environ 80 millions par an, seulement 5,5 sont attribués à l’office du tourisme… Où va le reste ? Les parisiens ne comprennent pas bien le rôle du bureau Paris Rendez-Vous, partagé avec l’accueil principal de l’OTCP rue de Rivoli, et les autres outils de promotion touristique de Paris, quels sont-ils ?

L’opacité des comptes de la Ville de Paris ne vous a donc pas échappé. Je m’interroge comme vous sur la destination des multiples taxes et recettes de la capitale.

Nous mettrons de la rigueur et de la transparence dans ce budget qui a constamment été déséquilibré jusqu’ici. Parisiens, commerçants et entreprises en auront enfin pour leur argent. La transparence correspond d’ailleurs au droit constitutionnel de connaître l’emploi de nos contributions communes.

5 / De très nombreux acteurs privés sont insatisfaits de la gestion du tourisme parisien et au sein même de l’ OTCP… Par ailleurs les acteurs privés indépendants se plaignent de subventions de la ville de Paris à des associations de guides bénévoles qui font une concurrence déloyale aux guides indépendants. De sérieuses réformes et redistribution des cartes sont-elles envisagées ? et comment ?

Je suis personnellement hostile aux statuts et aux privilèges qu’ils accordent. En revanche, le prétendu bénévolat ne doit pas déguiser une concurrence déloyale nourrie par des subventions municipales. Dans ce domaine, je rappelle que 283 millions d’euros de subventions sont offertes à une multitude d’associations à l’objet souvent obscur. Ici aussi, nous envisageons aussi un sérieux nettoyage de printemps et l’instauration de la transparence pour que les parisiens en sachent davantage sur les associations subventionnées : objet, composition du bureau, part d’autofinancement, objectifs envisagés et réalisés.

6 / Air bnb, ses bénéfices et ses nuisances.  Pour beaucoup de parisiens petits propriétaires, c’est un revenu complémentaire vital pour continuer de vivre à Paris qui perd 11 000 habitants par an. Tout le monde s’accorde pour lutter contre les multipropriétaires… Mais comment faire quand ils sont étrangers gérés par des sociétés étrangères souvent américaines et peu traçables ?
La question du minimum et non pas du maximum de durée de location est la clé de la tranquillité pour les copropriétés. Pourquoi ne pas imposer un minimum de location d’un mois comme New York ou de 5 jours comme Amsterdam ? … Ce sont les cours séjours qui perturbent les immeubles et font une concurrence déloyale aux hôtels… Et pourquoi limiter à 2 mois par an pour les milliers de parisiens qui n’ont plus de travail et dont c’est le seul revenu ? Enfin pourquoi ne pas laisser le droit aux copropriétés de réguler elles même d’interdire ou de fixer la durée minimale ou maximale de location.

Rachida Dati s’est engagée à maintenir la location saisonnière de courte durée des résidences principales en réduisant le plafond annuel. Ces compléments de revenu dans des logements habités par leur occupant principal toute l’année, élément important pour préserver la vie du quartier, doivent être maintenus.

Nous ne voulons pas que Paris se « disneylandise » au détriment de ses habitants et de sa richesse culturelle et touristique. L’enjeu concerne la location saisonnière commerciale que nous souhaitons fortement restreindre, voire stopper dans certains quartiers dont l’identité était menacée par le départ de leurs habitants et leur remplacement par des locations commerciales de masse (jusqu’au Covid19). La contrainte que nous envisageons n’exclut pas un débat sur l’avenir de cette activité.

7 / Le sur-tourisme déplait aux parisiens… Un exemple : le dimanche après-midi la rue des Francs-Bourgeois, axe central du Marais est devenue un enfer pour les résidents… Quelles solutions pour que les habitants et le tourisme de masse puissent cohabiter… Que pensez-vous de zones calmes avec des rues dédiées aux résidents , non commerçantes… (comme les voitures « silence » en TGV ) avez-vous d’autres idées, d’autres projets  dans ce sens pour ménager les résidents des nuisances liées au bruit ?

Le centre de Paris a longtemps su faire coexister ses habitants, ceux qui viennent chaque jour y travailler et les touristes. L’émergence de tensions a changé cette cohésion das nos quartiers. L’évolution du profil des touristes a entrainé celle des commerces et engendré de nouvelles nuisances : saleté, chaos dans la rue, bruit, tags et affichage sauvage, insécurité avec la montée des vols et agressions. La politique artificiellement « festive » de la Mairie de Paris et l’enfer des déplacements ont découragé une partie des touristes plus curieux, exigeants et clients de commerces culturels, pointus ou liés aux différentes communautés du cœur de Paris. Galeries d’art, libraires, antiquaires, boutiques d’artisanat d’excellence, concept stores et créations d’avant-garde sont progressivement remplacés par de la restauration rapide, des vendeurs de macarons, des vendeurs de colifichets touristiques et les mêmes vitrines de grands groupes qu’on retrouve partout. Nos quartiers perdent lentement leur âme.

Nous souhaitons privilégier un tourisme peut-être moins nombreux mais plus respectueux de ce qui faisait l’identité de nos arrondissements. Laisser une place à la voiture et fluidifier la circulation feront revenir les chalands de l’ouest parisien, les touristes de province et, plus largement, européens habitués à venir à Paris en voiture pour profiter de notre patrimoine, de notre gastronomie et de nos commerces exclusifs.

L’entretien des rues et des murs couverts de tags et d’affiches sera aussi repris en main. Notre philosophie est celle de la vitre cassée : nous empêcherons toute spirale de dégradations en enlevant les déchets et en nettoyant les murs avec réactivité. Les entreprises à l’origine des collages seront poursuivies. Nous installerons des sanisettes (permanentes ou temporaires selon les lieux et la nature des besoins) en harmonie avec leur environnement et serons intraitables avec les responsables de nuisances nocturnes (rues-pissotières, bandes alcoolisées bruyantes, harcèlement de rue…) afin de restaurer la qualité de vie attendue par les riverains.

Nous instaurerons une police municipale armée qui se chargera du maintien de l’ordre et sanctionnera les incivilités.

8 / Quelle est la place des LGBT dans votre programme ? Que diriez-vous de la création d'une vraie institution au service des publics LGBT? Si oui comment voyez-vous le soutien de la puissance publique et de la mairie en particulier à un tel projet ?  Question faisant suite au rapport de 2017 de JL Romero sur le tourisme LGBT. Voir la contribution de parismarais.com  sur cette question : https://www.parismarais.com/fr/le-marais-blog/tourisme-lgbt-la-mairie-de-paris-se-reveille-t-elle-enfin.html

Les communautés LGBT+ participent à l’identité du cœur de Paris. Leur rôle a renforcé l’attractivité de la capitale perçue comme « gay friendly ». Nous soutiendrons les associations dont les missions couvrent l’accompagnement social d’urgence, la prévention santé et des domaines aussi vitaux. L’enjeu de l’accueil des enfants de parents LGBT+ passe par l’éducation des personnels éducatifs ou d’encadrement que nous poursuivrons, que ce soit à l’école ou ailleurs. Nous étudierons avec les bailleurs sociaux la possibilité de réserver des studios médicalisés en étage non élevé. Les EPHAD « LGBT friendly » seront envisagés afin d’assurer l’accueil bienveillant des seniors LGBT+.
 
Nous désignerons un référent policier pour la communauté LGBT et formerons nos équipes afin d’offrir des interventions rapides et appropriées lors d’agressions de nature homophobe.
 J’ai proposé d’attribuer l’Annexe Varlin de la Bourse du Commerce et ses 1715m2 à deux pas de la place de la République au centre LGBT+, aux archives LGBT+ et à un certain nombre d’acteurs aux missions et projets importants. Ce bâtiment bien plus grand et moderne que le centre actuel, sera capable d’accueillir leurs organisations et leurs évènements dans des amphis mutualisés.
 Nous continuerons bien entendu à soutenir la marche des fiertés qui contribue à faire de Paris une ville de liberté.
 
La Mairie de Paris assurera une promotion ciblée auprès des touristes LGBT+ dans le monde en tant que ville « gay friendly ». C’est un enjeu économique fort comme nous l’avons constaté lors des Gay Games organisés à Paris en 2018. Bien au-delà du Marais dont le rôle n’en reste pas moins historique, c’est l’ensemble de Paris qui doit bénéficier de cette manne touristique et rayonner dans le monde à travers eux.

9 / les jeux olympiques de 2024. Paris n’a pas demandé leur avis aux parisiens, contrairement aux autres villes candidates, pas de consultation, pas de vote… Beaucoup de parisiens sont contre ces JO générateurs de bruit, de pollution, de nuisances et de dépenses pharaoniques. Comment, après la crise actuelle envisager ces JO, pour qu’ ils génèrent un tourisme raisonné en respectant les habitants et la nature, Un référendum ? Les JO sont ils annulables ?

Une fois de plus, nous subissons la méthode verticale et autoritaire de la maire de Paris sortante. Qu’il s’agisse d’un petit chantier de quartier ou des JO, elle n’a jamais consulté personne, ni les maires d’arrondissement, ni les Parisiens eux-mêmes. Nous avons tous une idée des désagréments que nous allons devoir subir ces prochaines années. La crise économique majeure qui a démarré va compliquer l’équation budgétaire.

2024, c’est demain. Ne nous leurrons pas, il sera très difficile de revenir sur les engagements pris par nos prédécesseurs. Paris n’est pas la seule ville concernée, par ailleurs. Une telle réflexion ne peut être que collégiale, en partenariat avec les équipes municipales des Villes concernées. Le principe d’une consultation populaire sur plusieurs villes nécessitant un temps que nous n’avons plus, je crains qu’une telle décision ne relève d’une instance plus haute.

 

 

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