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mercredi 02 septembre 2020 - Evènements

LE CORBUSIER, LE MARAIS, LA VILLA SAVOYE.

LE CORBUSIER, LE MARAIS, LA VILLA SAVOYE.

ESCAPADE À POISSY. Voyage dans les années 1920.

Pour les habitants du Marais, Le Corbusier reste une figure menaçante avec son fameux « plan voisin » élaboré de 1922 et 1925, visant la destruction d’une bonne partie de la rive droite dont le Marais, pour y construire grattes ciels, cités-jardins et voies d’autoroutes. Mais c’est une autre époque ou la voiture était la reine absolue et uniquement vue sous l’angle du progrès  tout comme les « barres d’immeubles ». En cette fin du mois d’août nous sommes allés découvrir l’icône absolue du Mouvement Moderniste, La Villa Savoye à Poissy.

 

La Villa fut construite en 1928 pour la famille Savoye composée de Pierre et Eugénie Savoye ainsi que de leur enfant Roger. Pierre était le fondateur de la compagnie en courtage d'assurance Savoye. La villa est située à 30 km de Paris ou le couple possède un parc de 7 hectares. Désireux d’y construire une maison pour les week-ends, ils choisissent Le Corbusier après avoir découvert la Villa Church à Ville d’Avray. En arrivant à Poissy, il faut chercher cette Villa Savoye, seule une plaque discrète indique sa présence. Après avoir pénétré dans le parc, la maison du jardinier nous accueille, réplique de la villa Savoye, puis l’arrière de la villa se dévoile aux yeux. Cet édifice majeur de l’histoire de l’architecture a été construit par Le Corbusier et son cousin Pierre Jeanneret de 1928 à 1932 selon les cinq points de l’architecture moderne établis par les deux architectes : plan libre, construction sur pilotis, fenêtres en bandeau, toits terrasses, façade libre.

La villa s’élève aujourd’hui sur une surface d’un hectare. Pas de modernité sans automobile : la taille des allées du parc et les passages sous pilotis a été calculée en fonction des voitures du couple de façon à ce qu’elles puissent circuler sans reculer. Le rez-de-chaussée est réservé aux domestiques et au garage. Les murs de l’entrée sont entièrement vitrés permettant à la lumière de pénétrer. On remarque dans le hall à côté du guéridon « vide-poche », la présence d’un lavabo, incongruité dû à l’hygiénisme en vogue à l’époque. Un escalier en colimaçon pour les domestiques, une rampe en pente douce réservée aux propriétaires pour éviter de se croiser, mènent à l’étage. Le Corbusier concevait l’architecture comme une œuvre sculpturale autour de laquelle le spectateur doit pouvoir circuler pour en admirer les contours, d’où la rampe d’accès, les escaliers empêchant le regard d’admirer ce qui l’entoure car focalisé sur les marches à gravir.

À l’étage, le salon est baigné de lumière par les fenêtres en bandeau et la gigantesque baie vitrée donnant sur la terrasse. Toutes les pièces de l’étage sont disposées autour de la terrasse qui occupe l’espace le plus important de l’étage. Seule survivance du mobilier d’origine du séjour, l’immense luminaire en acier, choisi par Le Corbusier à la demande de Madame Savoye qui était tombée sous le charme d'une rampe d'éclairage industrielle similaire vue dans une usine. La cuisine rappelle un laboratoire avec ses carreaux blancs, les matériaux utilisés en permettent un nettoyage aisé. Les rangements sont pensés au moment de la conception. Ils font partie intégrante de chaque pièce. De l’autre côté de la terrasse se trouvent une chambre d’amis, la chambre du fils et la chambre du couple Savoye. Chaque chambre dispose d’une salle de bain. La chambre des parents intègre la salle de bain au sein même de la pièce sans séparation. Elle est dotée d’un bassin en carreaux de céramique et d’une chaise longue au bord de la baignoire évoquant la fameuse chaise LC4 créée par Le Corbusier, Pierre Jeanneret et Charlotte Perriand.

Le toit-jardin est une invitation à la contemplation avec sa vue sur la vallée de la Seine. Accessible par une rampe extérieure, le solarium est conçu comme un espace ouvert sur le ciel constitué de parois courbes qui créent une rupture avec la ligne anguleuse du bâtiment. Une fenêtre est percée dans un mur et invite à regarder le paysage. En 1931 la villa est livrée, elle aura coûté le double du budget de départ. Les problèmes surgissent rapidement, la maison se révèle inconfortable car mal isolée : les terrasses fuient, il faut refaire les peintures. Très peu occupée elle va se détériorer rapidement. Occupée par les allemands durant la seconde guerre mondiale puis par les américains, elle est gravement détériorée.

En 1958, la ville de Poissy exproprie les Savoye afin de construire un lycée sur le terrain qui se retrouve amputé de 6 hectares. En 1962 la ville cède la villa à l’état qui initie sa restauration à partir de 1963. Le bâtiment est devenu le manifeste de l’architecture moderne. En 1965 elle est classée monument historique, quelques mois après la mort du Corbusier. En 2016 elle est inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco. La visite de ce monument de l’architecture moderne vous enchantera. Dans ce cadre de verdure, la pureté et l’harmonie de la villa Savoye ainsi que la maison du jardinier, son pendant miniature, vous font voyager entre les deux guerres.  Cet édifice majeur de l’histoire de l’architecture a conservé son caractère résolument avant-gardiste.

La Villa Savoye est gérée et préservée par le CMN, Centre des Monuments Nationaux.

Remiercements à Thomas EMERY, guide conférencier, et Catherine Mergalet Chargée de communication pour la Villa Savoye au CMN.
Reportage Maud Prangey pour parismarais.com. Pour réserver votre visite et acheter vos billets : http://www.villa-savoye.fr/#
 

 

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