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RESEAUX SOCIAUX

 

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Les clefs d'Or

Les Chats du Marais

Reportage et enquête de Maud Prangey, Historienne D'art, habitante du Marais depuis toujours.

Depuis près d’un siècle le Marais est le quartier des chats. Dans les années 1920 quand le quartier était un quartier ouvrier, ils étaient les compagnons des concierges et des petits commerçants. De nombreux chats erraient aussi dans les Hotels particuliers abandonnés ou transformés en ateliers ou garages. Après la seconde guerre mondiale, le quartier est quasiment à l’abandon et est envahi par les souris et les rats. De nombreux chats assurent naturellement leur rôle de prédateurs et s’attirent la sympathie des habitants dont la sociologie change au fil du temps et en particulier avec la loi Malraux qui sauve le Marais de la destruction. Aujourd’ hui rénové le Marais est surtout constitué par des immeubles contenant de très petits appartements, où les chats peuvent vivre à l’aise plus facilement que les chiens. Voici quelques portraits de chats heureux de vivre dans le 3ème ou 4ème arrondissement de Paris avec leur maitre, dans le quartier le plus royalement félin de la capitale. 


Armelle Yons et Tchaï

Armelle est uen talentueuse commédienne et chanteuse de Cabaret. Elle nous raconte sa passion pour les chats sans qui elle ne peut pas vivre.

" Été 2013, les yeux embrumés et le cœur chagrin j'embrasse pour la dernière fois Mimi; ma complice féline qui avait partagé 21 années de ma Vie... 
L'absence est lourde ... Mais un matin, sans m' y attendre; je croise  mon vétérinaire qui me salue, me sourit et me propose de passer en son cabinet situé à quelques mètres... Le début d'une nouvelle histoire allait naitre. Une petite chatonne attendait d'être adoptée... adorable, tendre et affective; comment ne pas céder ! Et me voici contre toute attente retournant en mon appartement avec dans les bras cette petite boule de poils aux yeux vifs et coquins.

Deux ans déjà nous séparent de cette journée, 2 ans que je n'ai vus passer, 2 ans de câlins, de folie, d’énergie partagée. Tchaï fait partie de ma Vie, elle ne remplace pas Mimi, elles ont chacun leur caractère, habitudes et rituels. Mon Chat est source d'inspiration; ma muse à 4 pattes, qui pose, fière tel un dieu Égyptien, têtue parfois mais toujours reconnaissante.

Je replonge dans les ambiances cabaret du Chat noir, des salons pourpres et velours de cette divine écrivain qu'était Colette ... Un véritable voyage s'offre à qui sait poser son regard en les yeux vert émeraude ou jaune d'or de cet animal si mystérieux. Un lien invisible nous lie, elle ressent mes joies, mes larmes et sait se faire complice d'un moment qui ne dure jamais bien longtemps, son don d’équilibriste et ses envies de grands espaces nous ont parfois fait vivre de belles angoisses (deux fois la belle s'est envolée du 4ème étage sans trop de dégâts, mais tout de même; 4 étages, c'est  haut !). 

Voila mon histoire, notre histoire qui n'aurait pas existé sans la belle association de Stéphane Lamart...( http://www.associationstephanelamart.com/ ) dont j'invite les amoureux et défenseurs des animaux à découvrir et soutenir sans modération. Et pour la conclusion, que dire hormis...Je suis Parisienne, chanteuse et femme à Chat, c'est irrévocable!"

 

Zohran & Laurence Hugues

Je pars à la rencontre de Laurence Hugues, élue Europe Écologie- les Verts, adjointe de Pierre Aidenbaum, maire du troisième arrondissement de Paris. Elle me reçoit dans son appartement ensoleillé du passage Saint Avoye, tout proche des Archives Nationales, derrière le Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme. Tout de suite, elle évoque ce passage dans les années 80, lorsque ce quartier était encore populaire, y vivait une grande famille de chats. Une habitante du passage s’en occupait, leur donnait à manger. Le coiffeur de la rue Rambuteau a même retrouvé un jour des chatons nouveaux nés sous le
capot de sa voiture. 

Aujourd’hui on trouve encore beaucoup de chats abandonnés notamment dans le quartier des Halles tout proche. Une association, Chadhal s’est créée en 2007 pour venir en aide aux chats abandonnés par leurs propriétaires dans les jardins des Halles, actuellement en chantier. L’association s’occupe de recueillir les chats, de les stériliser et ensuite de leur trouver des familles d’accueil, explique-t-elle. Zohran, son magnifique chat roux, a été recueilli par une autre association, Kaboulikats. Ce prénom, Zohran, signifie aube et sultan. Ce nom lui va comme un gant puisqu’il se réveille très tôt le matin et qu’il secomporte comme le sultan de la maison.

L’arrivée d’un chat adulte n’a pas été simple car il a dû trouver sa place et s'habituer à son nouvel environnement. Il part à la campagne certains week-ends, il prend le train très sagement et chasse les mulots une fois sur place. Malgré un emploi du temps très chargé Laurence Hugues prend le temps de jouer avec Zohran - gare à la déprime des chats parisiens qui restent seuls toute la journée sans sortir !

Les deux associations Kaboulikats et Chadhal recherchent des familles d'accueil également pour des périodes de courtes durée, le temps pour l'animal de trouver une famille d’adoption pour la vie.

Dans le passage, Laurence a trouvé il y a deux ans un petit chat noir venant probablement des Halles. Après avoir pris conseil auprès d’associations, les habitants du passage sont arrivés à l’attraper. En attendant de trouver unesolution pérenne, le petit sauvageon a été abrité dans une cave vacante. Il était extrêmement sale et très sauvage. Lorsque sa future maîtresse s’est approchée de lui dans la cave, le chat a eu peur et a craché ! Laurence a eu peur qu’il ne soit vraiment trop sauvage pour être adopté. Pourtant, dès lelendemain, lorsqu’elle est allée le récupérer pour l’amener chez le vétérinaire il s’est rapproché d’elle en ronronnant car il avait compris que les humains ne représentaient pas forcément une menace mais pouvaient signifier croquettes et caresses...  Après cela ce chat est devenu un chat extrêmement câlin et geek !

Les chats ont besoin de liberté et d’indépendance mais ils ont aussi besoinde relations avec leurs homologues chats ou bien avec les hommes. Dans l’immeuble de Laurence vivent cinq chats. 
Comme dans beaucoup d’immeubles du Marais, l’immeuble dispose d’une cour, elle a pris l’habitude d'y descendre avec Zohran.  Il s’y balade matin et soir, ce qui lui permet de rencontrer la voisine âgée qui habite le sixième, de faire des roulades et des câlins à la gardienne, de solliciter les petits voisins pour avoir des caresses. Un animal est toujours un médium de lien social. Dans certains pays, des immeubles possèdent ce que l’on appelle « un chat d’immeuble » ! Le chat se promène d’appartements en appartements pour se faire chouchouter. Hélas ces chats ont souvent de gros problèmes de poids car ils sont trop gâtés. En tant qu’élue écologiste et adjointe au maire du 3ème, Laurence Hugues s’occupe  aussi de favoriser la nature en ville. Dès sa candidature, elle s’est engagée sur une charte concernant le bien être animal. Elle a souhaité que soit créée une affiche de sensibilisation, visible à la Mairie du 3ème pour éviter les abandons.

Les animaux ne sont pas des jouets ! Ils procurent beaucoup de plaisir et de joie mais représentent aussi des contraintes et des obligations qu’il fautassumer. Nous entrons dans une période difficile, avant les grandes vacances d’été, beaucoup de gens abandonnent leur compagnon à quatre pattes alors qu’il y a d’autres solutions. Dans le Marais nous avons des personnes qui font de la garde à domicile : le chat reste chez lui, des personnes viennent pour le nourrir et jouer avec lui. Il y a également des solutions de pension pour animaux.

En parallèle des actions favorisant la biodiversité sauvage, elle envisage d’organiser une conférence à la Mairie avec des vétérinaires afin de donner des conseils pratiques aux propriétaires d'animaux domestiques. Je quitte Laurence Hugues et Zohran, enchantée d’avoir recueilli autant d’informations utiles et je me dirige chez sa voisine Sophie pour la rencontrer elle et son chat geek.

Pour plus d’informations sur les associations :
Chadhal : https://www.helloasso.com/associations/chadhal
Kaboulikats : https://www.facebook.com/kaboulikats


Timimoun & Sophie Roux 

Sophie Roux me reçoit dans son sympathique appartement rue Rambuteau. Son chat, tout noir, s’appelle Timimoun, du nom d'une ville d’Algérie située dans le désert qu’elle a visité. Elle me présente de jolis coussins de laine blancs bordés de rayures vertes, rouges, jaunes et bleues ainsi que des roses des sables sublimes qui viennent de là bas.
Timimoun a été adorable dès son arrivée, il a ronronné tout de suite. Lorsque je l’ai adopté je l’appelais Titi parce qu’il était tellement gentil qu’il ne pouvait pas être un gros minet, du coup il a fallu que je trouve un nom qui commence par « Ti », Timimoun est venu tout seul car j’ai adoré cette ville du désert algérien et quelque part je me dit qu’ici il a un peu trouvé une oasis.

Pourtant il me semble que ce chat était plutôt originaire des Halles que d’Algérie ? Timimoun a été trouvé par Laurence Hugues dans le passage Saint Avoye. Il courrait dans tous les sens, les habitants ont réussis à l’attraper car il était très sauvage, ils l’ont installé dans une cave. Un soir nous buvions un verre, Laurence demande à la ronde si quelqu'un souhaitait récupérer un chat, au moins pour l’héberger le temps de lui trouver une famille. Le lendemain elle a pris contact avec Kaboulikats et a emmené le chat chez un vétérinaire rue Beaubourg qui l’a castré, lui a enlevé les puces et l’a nettoyé de fonds en comble. Le vétérinaire s’en rappelle encore tant il était sale, il se demandait si au bout de la crasse le chat ne serait pas blanc finalement. Il l’appelle  « Grosse tête », pour lui c’est un chat qui a dû se battre pour sa survie. Il se souvient toujours de lui, sourire aux lèvres en me disant que Timimoun avait des grosses joues et aussi des testicules énormes ! 
Tout en écoutant sa maîtresse parler, Timimoun ronronne et joue sur le
canapé à côté de moi. Il a un magnifique poil noir luisant et des yeux verts absinthe hypnotiques. Trop mignon ce chat, difficile d’imaginer qu’il ait puêtre un petit sauvageon.

C’est une bonne hypothèse qu’il vienne des Halles, poursuit Sophie Roux, car grâce à sa dentition, le vétérinaire a constaté que Timimoun s’était longtemps baladé seul, il avait dix huit mois lorsqu’il a fait sa mémorable toilette dans son cabinet. J’ai du mal à imaginer qu’il puisse avoir vécu dehors tout seul pendant dix huit mois car il très sociable. Lorsque je l’ai adopté, je ne savais pas du tout ce que cela donnerait car  quand je suis allée le chercher dans la cave du passage Saint Avoye, il était hyper agressif. Finalement, le seul côté négatif aura été qu’il a fait pipi sur le lit pendant un mois… Mais à partir du moment ou il a franchi la porte de cet appartement, la machine à ronron s¹est mise en marche et il a été adorable.  Ce qui accrédite l’hypothèse qu’il vienne des Halles c’est qu’il est noir. Il y a cette superstition liée aux chats noirs, ils portent malheur. Même s’il s’agit d’un vieil adage, lorsqu’un chat noir se retrouve dans une portée, les gens refusent souvent de le garder et préfèrent s’en séparer. C’est pour cela que les chats des Halles sont noirs, abandonnés par superstition, ils ne sont pas castrés, se reproduisent et sont à majorité noirs.

Nous sommes d’accord toutes les deux sur l’origine de cette superstition : Napoléon aurait vu un chat noir juste avant la bataille de Waterloo. Auparavant, Sophie gardait souvent les chats de ses amis car l'idée de la litière l'exaspérait, elle était obsédée par l'odeur alors qu’en fait non, il y a de très bonnes litières végétales me dit-elle.Timimoun est un chat geek. Pour l’appeler elle lance une application qui miaule depuis l’ordinateur, Timimoun accourt aussitôt. Il est fasciné par les écrans ; lorsqu’elle travaille sur son ordinateur, Timimoun est toujours à côté d’elle. Elle a une application de jeux spéciale chats sur sa tablette, le chat joue à attraper des mouches avec ses petites pattes sans jamais sortir ses griffes et abîmer l’écran. Je le vois faire devant moi, c’est adorable ! 

Sophie s’avoue elle même geek, elle est responsable de communication et réalise des sites web, fait de l’animation de réseaux sociaux, de la mise en place de stratégie web ou encore de la formation sur les médias sociaux. Fatalement, elle est geek tout comme son chat. 

Les voisins sont fous du chat. Le seul voisin qu’il n’aimait pas c’est le chat de la boulangerie d’en face, ils se battaient tous les deux. Lorsqu’elle part en vacances, sa voisine adore tellement Timimoun qu’elle le garde et lui demande régulièrement de repartir pour avoir le chat… Je quitte Sophie et Timimoun, charmée par tous les deux sous un beau soleil.


Zoryn et Jean Thomas

Les chats ont ce pouvoir fascinant de captiver l’attention. Dès lors que le premier chat a fait irruption à la maison il y a plus de 15 ans, le chat m’a toujours paru être le meilleur compagnon dans ma vie. Et lorsque j’ai eu mon premier travail substantiel j’ai voulu apporter un peu de présence au travers de Zoryn. Accueilli entre 5 et 7 mois d’âge, Zoryn s’est vite adapté à mon univers tout en gardant sa liberté et son indépendance. Un savant équilibre qui nous lie aujourd’hui dans nos vies respectives. Sous leur apparente nonchalance je suis convaincu que les chats ressentent nos émotions et sont présents pour absorber nos mauvaises ondes. 


Depuis son arrivée Zoryn m’accompagne dans tous mes chapitres et la vie serait vraiment différente sans lui. Du réveil où il attend patiemment au pied du lit au coucher où je le sens s’allonger contre mes mollets en passant par son petit coup de tête câlin ou son quart d’heure de folie féline il prend une part importante dans ma vie qui garde du rythme grâce à sa vie à lui. Son regard m’apaise et sa vivacité anime mon quotidien. J’attends chacun de ses miaulements comme un petit cadeau et nous apprécions nos petits moments de complicité à observer les lumière de la ville dehors. 
J’apprends à l’éduquer tout en gardant à l’esprit d’être un bon maître pour faire de sa vie un expérience heureuse pour lui comme pour moi.

Roxy & Monsieur Fauzi

Nous poursuivons notre découverte des chats du marais en direction de la rue de Bretagne, ou nous rejoignons le petit chat Roxy dans une épicerie près du café Le Progrès. Monsieur Fauzi nous reçoit sourire aux lèvres dans sa boutique ouverte toute la journée et une bonne partie de la nuit comme souvent les épiceries tunisiennes à Paris. Très heureux de faire une interview avec son petit chat, il nous raconte qu’il tient son épicerie depuis vingt cinq ans, date à laquelle il est arrivé en France directement de l’île de Djerba, ou Djerba la douce comme il se plaît à l’appeler. Il a adopté Roxy il y a environ un an et demi et il s’agit de son premier chat. C’est un ami ayant trois chats qui lui en a proposé un et il a débarqué avec Roxy encore tout bébé, âgé d’à peine deux ou trois mois. Madame Fauzi connaissait les chats elle a été  aussitôt partante pour l’adopter.

C’est cette dernière qui a choisit son prénom car il est quasiment tout roux. Le petit Roxy a grandit dans le magasin avec son maître. Il aime se promener dans la rue et fait des va et vient toute la journée. Il adore jouer avec les clients de la boutique, mais aussi les gens dans la rue, avec les chats plus grands et même les chiens… C’est un chat très sympa me dit en souriant Monsieur Fauzi. Justement je me demande ou il est ? Monsieur Fauzy nous indique une cagette perchée au plus haut des rayonnages dans laquelle Roxy s’est endormi. Il est dans l’épicerie toute la journée et ensuite il monte avec moi dans la maison car nous vivons au dessus. Le matin nous descendons ensembles et le soir nous remontons ensembles ! Il reste avec moi tout le temps.

Durant l’interview, Monsieur Fauzi a missionné son commis afin de dresser une échelle pour nous permettre de le prendre en photo… Roxy se réveille dans sa cagette, j’aperçois sa petite tête dépasser, les yeux tout engourdis de sommeil. Ce petit chat est charmant, il est roux et blanc. Monsieur Fauzi l’appelle par son nom avec beaucoup d’affection. Il dit de Roxy qu’il est comme un bébé. Roxy se lève pour aller dans ses bras tout en nous observant, puis il se dirige vers les bouteilles de champagne. Il passe de long moments sur le comptoir, près de la caisse dans la journée, comme si il est le Roi ou le patron ! dit-il en riant. Je m’inquiète de ce que Roxy n’ait pas de collier alors qu’il sort tout le temps. Monsieur Fauzi me répond par cette anecdote :

Il y a longtemps, Roxy devait avoir cinq ou six mois, je me souviens c’était un samedi soir, il est sortit le soir. Il n’est pas rentré et a disparu pendant trois semaines ! Au bout de trois semaines, un matin vers sept heures, je suis allée chercher ma camionnette avec un chargement. Je me suis garé rue Vieille du Temple à côté du square du musée Picasso. Et là j’ai entendu un miaou dans le square, j’ai reconnu tout de suite le miaulement de Roxy ! Je l’ai appelé Roxy, Roxy. Il est venu, il  m’a reconnu tout de suite. Il était extrêmement maigre, j’ai eu peur qu’il ne soit malade.  Je l’ai emmené chez le vétérinaire. Il n’avait rien, il était en bonne santé. Trois semaines vous vous imaginez, je ne sais pas ce qu’il a mangé, ou il a dormi, c’est beaucoup ! Tant qu’il n’était pas stérilisé, il partait je ne sais où mais loin, très loin ! Depuis qu’il l’est, il part beaucoup moins. Dans la rue, il sait se défendre et sortir les griffes, ce qu’il ne fait jamais dans le magasin.

Monsieur Fauzi nous confie que Roxy est un atout sympathie extraordinaire auprès de ses clients car il est très accueillant et affectueux. Nous repartons charmés de cette rencontre. Roxy ira pendant l’été rejoindre Karli et Charlot  en pension-vacances solidaire dans les bureaux de parismarais.com.


Karli & Bernadette

Quelques jours plus tard, je rejoins rue Charlot, Pascal Fonquernie, mon comparse de PARISMARAIS, pour rendre une visite à sa voisine autrichienne, Bernadette Ubelher et à son chat Karli. Elle habite avec son mari et son fils au quatrième étage au dessus de chez Pascal. Bernadette et Pascal ont chacun un chat tigré : Karli pour Bernadette et Charlot, comme la rue Charlot, pour Pascal. Les deux se ressemblent mais Karli est beaucoup  plus longiligne que Charlot me fait remarquer Bernadette. Afin de me le prouver elle se l’entoure autour du coup comme un col en fourrure. Karli se laisse gentiment faire sans broncher. Karli veut dire Charles en autrichien. Il est arrivé il y a cinq ans. C’est son fils Christian qui l’a trouvé alors qu’il était en vacances à Montpellier. Ils sont allés dans une ferme avec son copain, ont trouvé des petits chatons et Christian a tout de suite émis le souhait d’en adopter un car son vieux chat Mouchy venait de mourir. Christian ayant peur que sa maman ne soit pas d’accord, il est rentré sans emmener le chat. Deux semaines plus tard, la maman de son copain est venue à Paris en train accompagnée de Karli dans un petit sac. Pendant le voyage les rails ont pris feu, du coup ils sont restés coincés des heures dans le train. Ce fût une arrivée à Paris très mouvementée pour le petit Karli !

Bernadette Ubelher a toujours eu des chats. Avant Karli, il y avait Mouchy, un chat tigré lui aussi, il a vécu 17 ans. Bernadette a grandi à la campagne, dans les montagnes autrichiennes avec des chats dans la cour, elle a eu du mal à se résoudre à l’idée d’avoir un chat dans la maison. Ce qui est formidable pour Karli, c’est qu’avec Charlot, ils se connaissent depuis toujours, ils s’adorent et jouent ensemble tout le temps ! 

Je constate en effet qu’ils s’amusent comme des fous pendant que nous discutons tous les trois. On dirait même des fauves tant ils sont agités ces deux là, j’ai parfois l’impression qu’ils se battent mais Bernadette et Pascal me rassurent. Bernadette évoque l’arrivée de Charlot chez Pascal. Elle a poussé Pascal à lui donner un nom car il l’appelait Le chat. C’est elle qui l’a baptisé Charlot, du nom de la rue car Pascal voulait l’appeler Sissi... Or pour une autrichienne, il est inconcevable qu’un chat mâle puisse porter un prénom féminin, de surcroît Sissi, un prénom d’impératrice d’Autriche ! il n’ y a pas encore de Conchita Wurst chez les chats dit-elle en éclatant de rire.

Pascal se souvient de la jalousie de Charlot à l’égard de Karli, il crachait tout le temps sur lui : Charlot était là avant Karli, il a grandit dans cette maison, c’était sa deuxième maison…  Mais une fois que Charlot a adopté Karli, il est devenu comme son petit frère. Dans sa tête, charlot reste le maître de la maison de Bernadette. Bernadette acquiesce : C’est grâce à Pascal que Charlot et Karli se sont rapprochés. Nous sommes partis en Autriche, Pascal est allé chez le vétérinaire acheter un gel pour masser les chats, un gel spécial qui dégage une odeur pour les rendre sympathiques l’un à l’autre, qu’ils aient une affinité… et ça a marché !

Les bureaux de PARISMARAIS sont dans le même l’immeuble, en général Charlot suit Pascal pour jouer dehors mais parfois il refuse de descendre car il veut aller voir son copain Karli. Il passe souvent la journée avec Karli quand Pascal s’absente ou si il pleut. Bernadette poursuit, Charlot est incroyable, il va partout, il suit Pascal partout. Même chez Nicolas rue de Bretagne. Karli est différent, il sort peu. Nous ne l’avons jamais habitué à descendre dans la cour. Il ne va pas chez Pascal mais reste sagement devant sa porte. 

Karli vit en famille : avec Christian, il joue au foot pendant des heures, les câlins et les caresses sont plus réservés à Bernadette qui est la maman de la maison. Karli vient la chercher tous les matins en la secouant doucement avec ses petites pattes pour qu’elle se réveille. Quant à Francis, Karli vient souvent se lover sur lui lorsqu’il lit son journal. Pour Bernadette et Pascal les animaux ont un sixième sens, car ils sont sensibles.Bernadette est prévenue de l’arrivée de son mari une demie-heure avant car Karli guette et miaule devant la porte. Pascal me raconte à son tour que lors d’un déplacement à Londres l’année dernière, il a appelé Bernadette depuis le train pour la prévenir de son retour le soir même. Elle lui a répondu qu’elle le savait déjà, car Charlot l’attendait devant la porte depuis une heure. 

Les deux chats s’apprécient et cela réjouit leurs maîtres, même si ils se battent parfois comme pendant cet entretien, ce n’est jamais très méchant.
Pascal explique : Pour Karli et Charlot c’est exceptionnel d’avoir un copain avec qui jouer. Si ils veulent être seuls, ils restent seuls et si ils veulent se voir c’est facile, il suffit de le signifier à leurs papa ou maman. C’est essentiel pour un chat de fréquenter un autre chat pour s’amuser, chahuter, courrir, car c’est dans sa nature. Un chat déprime si il ne voit jamais d’autres chats et reste seul à la maison.

Charlot a fait une grave dépression lorsque Pascal s’est absenté un mois. Il n’était pas bien, avait maigri, il était très malheureux. J’étais malheureuse avec lui car je me rendais compte qu’il avait beaucoup de peine, se souvient Bernadette. Il a cherché Pascal partout ! J’ai dû aller avec lui dans l’appartement de Pascal, Charlot ne voulait plus repartir mais je ne l’ai pas laissé seul.

Pascal ajoute en souriant qu’avec l’âge lui aussi a dû mal à se passer plus de 10 jours de son chat car ils dorment ensembles, comme un vieux couple ! Bernadette et sa famille ont emmené une seule fois Karli en week-end à Trouville. Il a eu très peur et s’est caché pendant trois jours sous le canapé ou personne ne l’a vu. Il a disparu, sans manger. Il s’est habitué le quatrième jour et le cinquième jour ils partaient … Heureusement Pascal est la pour le garder lorsqu’ils ne sont pas là ! C’est pratique conclut en souriant Bernadette. 

Charlot & Pascal

Après cet entretien chez Bernadette et Karli, nous descendons un étage en dessous, chez Pascal Fonquernie. Je connais son chat Charlot depuis trois ans, date à laquelle nous avons commencé à travailler ensemble. Charlot est toujours au bureau avec Pascal. C’est un chat vraiment très câlin, il aime se lover sur mes genoux pour y ronronner lorsque je travaille devant l’ordinateur. Comme il me gêne, il finit toujours par s’en aller et s’allonger voire s’étaler, sur mon manteau, veste ou écharpes. Il adore aussi entrer et sortir par la fenêtre, il nous dérange sans cesse Pascal ou moi pour sortir ou entrer…

Nous nous installons dans le salon de Pascal, baroque grand siècle dans l’esprit PARISMARAIS, pour évoquer sa rencontre avec Charlot. Pascal venait de perdre son chat Crumpet, un adorable chat chartreux. Revenant de Touraine, il s’arrête au château de Cheverny pour le visiter. Durant la visite, il remarque une meute de chiens. L’attachée de presse du château qui lui fait la visite, lui propose d’aller voir les chiens mais Pascal rétorque qu’il préfère les chats. Elle l’informe alors de l’existence du refuge pour chats de l’Indre et Loire à 5 km du château de Cheverny, ou se trouvent de nombreux chats orphelins. Pascal s’y rend aussitôt.

J’arrive, je me présente. Une dame m’accueille et me propose de me montrer quelques chats. Et là, j’en vois un assis, tout petit de 5 semaines. Il me regarde dans les yeux en m’envoyant un message. Immédiatement j’ai compris, je me suis dit c’est toi que je veux ! La dame m’explique que ce petit chat a perdu sa maman et tous ses frères dans un accident, ils ont été écrasés par une voiture. C’est un peu la même histoire que la mienne alors je me suis adressé au chat et je lui ai dit : toi tu vas avoir une belle vie, monte dans le cabriolet !

Je l’ai installé dans la voiture et il pleurniché tout le long du voyage… Arrivé ici, nous avons commencé à sympathiser et il m’a fait des ronrons tout en buvant son lait. Il n’était pas encore sevré, c’était un tout petit bébé de 20 cm et de 150 ou 200 grammes ! Je l’emmenais dans mon bureau dans lequel j’avais ouvert un tiroir et mis une couverture. Le chat était dans ce berceau et j’avais en permanence une main sur lui et l’autre sur l’ordinateur. Un chat devient adulte en six mois donc il a grandit vite, agité comme un gamin, joueur et donnant beaucoup de griffures. Il m’a adopté très vite. 

Ensuite, Bernadette sa voisine gaga de chats a adopté Charlot immédiatement.
À l’époque je laissais Charlot avec son vieux chat Muchy et cela se passait plutôt bien. Nous nous connaissons depuis quinze ans avec Bernadette et nous avons toujours eu des chats l’un ou l’autre. Elle a ma clef,  j’ai sa clef donc quand les chats se réclament c’est très simple. Lorsque Charlot est sur le palier si il me montre la direction du haut, c’est qu’il veut voir son copain de l’étage du dessus, si il pointe vers le bas c’est qu’il veut descendre dans le jardin. Et Pascal obéit aux doigts et à l’œil de Charlot. Il ajoute même : C’est le chat qui possède la maison. Quant un chat vit quelque part il est chez lui. Charlot a investit le jardin depuis que les locaux de PARISMARAIS donnent sur le jardin ; il descend tous les jours et fait le groom pour l’immeuble. Il se poste devant les grilles en position de sphinx et accueille toutes les personnes qui entrent par des roulades ou des câlins en guise de bienvenue. Il est extrêmement sociable et n’a jamais été confronté à une personne agressive !

Charlot doit son nom à la rue Charlot, Bernadette l’ayant baptisé ainsi pour lui éviter le trop féminin Sissi, mais aussi grâce au café Charlot juste à côté où Pascal l’emmenait lorsqu’il était tout petit dans un sac Harrods. Les serveurs et serveuses du Café l’adoraient et il restait sagement sur les genoux de Pascal pendant que celui ci buvait son chocolat chaud au bar. Tous les deux forment un vrai couple. Ils dorment ensembles comme des amants. Ils jouent à chat dans la baignoire, s’attrapent les pattes et les mains dans des recoins du salon lorsque chacun occupe une position bien précise etc., il existe beaucoup de rituels entre eux. Pascal Fonquernie a passé du temps à éduquer Charlot et ce dernier comprend entre 20 et 30 mots de vocabulaire aussi bien en français et en anglais. Il reconnait également parfaitement un langage des mains instauré entre eux, notamment lorsqu’il a fait des bêtises ! 

Des 4 chats de sa vie, Pascal déclare à propos de Charlot qu’il est le plus propre, le plus gentil, le plus amoureux et le plus fidèle de tous les chats qu’il n’ait jamais eus ! Dès que Pascal s’absente plus de dix jours Charlot déprime comme nous l’a confié Bernadette. Pascal avoue lui même qu’au bout de dix jours, son chat lui manque terriblement le soir dans sa chambre d’hôtel. Il emmène Charlot lorsqu’il va chez ses amis à la campagne : Le chat dans le cabriolet est une véritable diva. Il se met en position de sphinx sur l’accotoir central et ne bouge pas sauf pour tourner la tête vers la droite en toisant les personnes du regard. Si je lui dit de se mettre sur la banquette arrière, il s’y allonge et ne bouge plus. J’ai une confiance absolue, je sais qu’il ne bougera pas !

Charlot connaît quasiment tous les habitants de l’immeuble. Il sait qu’il est en territoire conquis dans l’immeuble et a fait son fan club de la copropriété ! Il ne se prive pas pour visiter un appartement, si une porte est ouverte devant lui pour y faire le tour du propriétaire. En plus de Karli son copain du dessus, il fait des courses effrénées dans la cour avec un petit chien roux de sa taille, un Loulou de Poméranie. Plusieurs voisins du rez de chaussée ont demandé à Pascal de garder Charlot chez eux une après midi, car la présence dans un appartement d’un chat et son odeur durant quelques heures, suffit à repousser les souris, nombreuses dans les vieux immeubles du XVIème siècle comme celui ci. Charlot a séduit tous les voisins y compris les plus grincheux et a apporté à Pascal un véritable capital sympathie auprès de tous. Il se rend parfois au restaurant avec Pascal notamment chez Kate’s Cuisine rue de Picardie ou il aime se balader. Pascal sourit en concluant : C’est comme pour draguer, c’est bien d’avoir un chien ou un animal. Le chat joue le même rôle pour la convivialité entre voisins !

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